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Des données sur la mobilité de la population pour soutenir la prise de décision à des fins de planification vaccinale, de développement et humanitaires

Ce rapport de synthèse nationale met en évidence les changements de population dus à la mobilité interne en République démocratique du Congo (RDC) de décembre 2024 à décembre 2025, et identifie les tendances temporelles qui peuvent être prédictives des estimations de population dans les mois à venir.

Le tableau sur la page 2 du rapport montre la différence entre les estimations de population dérivées des métadonnées de téléphonie mobile (qui tiennent compte de la mobilité interne, et de l'accroissement naturel de la population 3.2957%, source : INS DRC1) et les projections calculées seulement à partir de la croissance démographique attendue de 3.2957% par an, pour chaque province.

Considérations pour la vaccination infantile : Si cette différence dépasse les marges d'erreur utilisées pour la planification de la vaccination des enfants de moins de cinq ans, cela peut conduire à des pénuries de ressources et de personnel et une réduction de la couverture vaccinale. Ces données peuvent donc aider à prendre en compte les enfants des populations mobiles et les changements du nombre d'enfants présents à très court terme (d'un mois sur l'autre) dans chaque zone de santé. D'importants changements démographiques et/ou déplacements peuvent cependant passer inaperçus dans les provinces les moins bien couvertes, particulièrement dans le Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Lomami, Lualaba et la Tshuapa.

Des rapports détaillés sont également disponibles au niveau local, ils contiennent des estimations de population et de mobilité pour chaque zone de santé ayant des données de téléphonie mobile, et leurs connexions avec les autres zones de santé du pays. Ces rapports sont maintenant disponibles sur notre site internet.

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Principales observations pour la période de décembre 2024 à décembre 2025

Important : Les estimations et pourcentages présentés ci-dessous soulignent l'évolution de la population engendrée par la mobilité interne seulement (excluant l'accroissement moyen 3.2957% : croissance naturelle et mobilité internationale). Pour l'évolution totale (mobilité + accroissement), veuillez vous rapporter au tableau de la page 2 du rapport.

1. Provinces avec de fortes augmentations de population dues à la mobilité de décembre 2024 à décembre 2025 (population plus importante que prévu, pour les provinces avec une bonne couverture des données)

  • Kinshasa : + 61 200 personnes (+ 0.42%). L'augmentation est saisonnière, concentrée entre août et septembre, avec notamment beaucoup d’arrivées dans les zones périphériques de Mont Ngafula I et Nsele. Cette période coïncide à une période de baisse simultanée observée dans le Kwango et le Kwilu. Si les tendances passées servent d'indication, la mobilité devrait se stabiliser dans les mois à venir.
  • Haut-Katanga : + 40 500 personnes (+ 0.58% d'augmentation). Le Haut-Katanga continue d’avoir une croissance forte, avec des flux de population provenant principalement du Haut-Lomami, Lualaba et du Tanganyika, ainsi que de plusieurs capitales provinciales comme Kananga ou Kindu. Les arrivées sont concentrées dans la capitale provinciale de Lubumbashi et ses zones de santé environnantes (Kafubu, Sakania), suivant une tendance stable observée depuis plusieurs mois.
  • Mai-Ndombe : + 20 300 personnes (+ 0.72%). Cette tendance à la hausse reste marquée depuis septembre 2024, avec des flux en provenance du Kwilu et de Kinshasa, notamment vers les zones de santé de Bosobe et Oshwe.
  • Lualaba : + 18 100 personnes (+ 0.65%). La croissance reste soutenue dans la zone minière de Kolwezi, où les arrivées depuis le Haut-Katanga et le Haut-Lomami se poursuivent. Kolwezi enregistre l’une des croissances les plus fortes du pays (6.68%).

2. Provinces présentant les plus fortes baisses de population dues à la mobilité entre décembre 2024 et décembre 2025 (population inférieure aux projections, pour les provinces avec une bonne couverture des données)

  • Kwilu : - 46 200 personnes (- 0.82%). Une nouvelle période de départs saisonniers (de juillet à septembre, longue saison sèche) comparable à 2024 s'est enclenchée, avec particulièrement des départs depuis Kikwit et Idiofa vers Kinshasa et le Mai-Ndombe. Suivant les tendances passées, la mobilité s'est stabilisée en fin d'année.
  • Nord-Kivu : - 30 600 personnes (- 0.43 %). La plupart des départs ont été observés entre janvier et juin, sans retour significatif depuis. Goma en particulier reste bien en dessous de sa population projetée, bien que les arrivées et départs soient désormais à nouveau équilibrés depuis août, résultant sur une reprise d’une croissance de population stable depuis quelques mois.
  • Haut-Lomami : - 14 900 personnes (- 0.37%). La tendance aux départs depuis cette province reste constante, notamment depuis la capitale Kamina. Les mouvements sont principalement dirigés vers le Lualaba (et les zones minières de Kolwezi) et le Haut-Katanga.

Les provinces de la Tshopo (- 15 200), Maniema (- 9 600) et Sankuru (- 9 100) connaissent également des baisses de population liées à la mobilité, mais plus restreintes.

Bien que les provinces du Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Lomami et la Tshuapa semblent plus stables, il est possible que plusieurs flux de population ne soient pas pris en compte dans nos données en raison de la couverture particulièrement faible dans ces cinq provinces.

3. Mobilité liée aux conflits

Les effets des conflits récents se traduisent par des mouvements de population marqués dans certaines provinces de l’est du pays. Au Nord-Kivu, la population estimée reste inférieure d’environ 31 000 personnes par rapport aux projections démographiques sans mobilité, en raison d’importants départs observés entre janvier et juin 2025. Ces départs n’ont pas été compensés par des retours significatifs dans la province, et la population demeure stable mais à un niveau inférieur à celui attendu. La ville de Goma, en particulier, reste bien en dessous de sa population projetée, bien que les arrivées et départs se soient équilibrés à partir de la fin de l’été.

En Ituri, un afflux important de population a été observé en août et septembre 2025 vers Bunia et les zones de santé voisines, principalement en provenance de Nizi. Un retour progressif des populations vers Nizi a été enregistré à partir du mois d’octobre, indiquant des mouvements circulaires liés à la situation sécuritaire locale.

De plus, plus récemment, en décembre 2025, des départs importants ont été observés depuis Uvira (Sud-Kivu), principalement vers les zones voisines de Fizi, Ruzizi et Nundu. L’évolution de la situation devra être suivie de près au cours des prochains mois afin d’observer les tendances de déplacement et d’éventuels retours de population.

Ces déplacements internes, souvent temporaires mais de grande ampleur, peuvent ainsi fortement influencer les estimations de population au niveau local, et bien sûr impacter la planification sanitaire et vaccinale.

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Des données sur la mobilité interne et la répartition de la population disponibles depuis 2020 (p36)

Cette section met en évidence les changements de population dus à la mobilité interne en République démocratique du Congo (RDC) sur le long terme, de 2020 à 2025, et donne un aperçu des estimations de tendances passées qui peuvent aider à l'interprétation et la compréhension des données plus récentes.

Une mobilité plus importante lors de la longue saison sèche

Les flux de population mensuels (nombre de personnes changeant de zone de santé de résidence pendant un mois) sont plus importants en juillet-septembre (“longue saison sèche”, entre 1.6 et 1.8 million de flux de population par mois) qu'en novembre-décembre et mars-juin (environ 1.2 million). Ces variations saisonnières de la mobilité sont observées dans la plupart des provinces et semblent se répéter au fil des ans. Les planificateurs devront peut-être augmenter les marges d'erreur autour des estimations de population pour tenir compte de la mobilité accrue dans le pays pendant cette saison.

Conséquences des restrictions de mobilité dues à la Covid-19

Les restrictions liées à la COVID-19 en RDC ont commencé avec l’état d’urgence déclaré le 24 mars 2020, après les premiers cas détectés à Kinshasa. Elles ont été levées le 22 juillet 2020, suivies d’une reprise progressive des activités (réouverture des commerces, écoles et frontières) sous mesures sanitaires. Cet effet est particulièrement visible durant la longue saison sèche de 2020, avec une chute des changements de lieu de résidence plus marquée (environ - 20%) que les années suivantes.

En savoir plus sur la population et mobilité des zones de santé

Si vous voulez en savoir plus, des rapports d'estimation mensuelles de la population et mobilité sont également produits par province et disponibles pour chaque zone de santé (pour les zones de santé avec des données de téléphonie mobile). Ces rapports contiennent plus d’informations et de détails à l’échelle locale sur une année.

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A propos des données

Ce rapport utilise notre ensemble de données v2.0.

Pour comprendre comment les estimations sont produites, veuillez consulter notre rapport méthodologique ci-dessous (disponible en francais et en anglais). Les changements principaux sont présentés dans nos notes relatives à la publication des données (lien ci-dessous):

Lire le rapport méthodologique (v2.0)

Lire les notes relatives à la publication des données (RDC)

Auteurs, contributions et remerciements

Auteurs

Ce rapport a été produit par la Fondation Flowminder, dans le cadre du Fonds d'accélération de l'équité en matière de vaccination. Flowminder est une organisation à but non-lucratif spécialisée dans l’analyse des données de téléphonie mobile, géospatiales et d’enquêtes, à des fins humanitaires et de développement.

Ce rapport a été écrit par Romain Goldenberg et Véronique Lefebvre, avec la contribution de James Harrison, Roland Hosner, Sophie Delaporte et Apphia Yuma.

Romain Goldenberg a produit et analysé les statistiques de mobilité, réalisé les graphiques et co-rédigé le rapport; Véronique Lefebvre a dirigé l'analyse, interprété les statistiques de mobilité et co-rédigé le rapport ; James Harrison a produit les agrégats dérivés des métadonnées de téléphonie mobile pseudonymisées ; Roland Hosner a développé et appliqué le modèle de mise à l'échelle et de correction des biais pour produire ces statistiques ; Sophie Delaporte a contribué à la rédaction des observations, à la traduction et à la visualisation des données, et Apphia Yuma a assuré le soutien et la supervision de l'analyse et du projet.

Remerciements

Nous remercions les autorités du Programme élargi de vaccination (PEV) et du Ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, avec qui nous collaborons en tant que partenaire technique.

Nous remercions également Vodacom RDC qui nous fournit des métadonnées de téléphonie mobile pseudonymisées et agrégées, afin de nous permettre de produire des estimations de population et de mobilité à des fins de développement et humanitaire.

Ce rapport n’aurait pas été réalisé sans l’assistance financière de Gavi, L’Alliance du Vaccin, via l'Organisation Mondiale de Migration (OIM), sous le programme du Fonds d'accélération de l'équité en matière de vaccination.

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