Ce rapport vise à appuyer la priorisation des activités de surveillance dans le cadre de l’épidémie d’Ebola 2026 en Ituri, en analysant les mouvements de population à partir des principales zones touchées par l’épidémie.
Vous pouvez accéder au rapport complet via le lien ci-dessous.
Résumé exécutif
1.1 Principaux Résultats
Ce rapport utilise des données de téléphonie mobile anonymisées de Vodacom Congo (RDC) pour cartographier les déplacements depuis les zones les plus affectées par l'épidémie d'Ebola Bundibugyo 2026. Cette cartographie permet d’identifier les zones du pays présentant le plus fort risque d'importation, afin d'éclairer les priorités de surveillance. Il actualise notre Mise à jour rapide du 4 juin 2026 avec une période de référence plus récente (4 mai 2026–17 mai 2026) et une méthodologie actualisée.
Les données portent sur deux groupes de zones de santé. Le premier, en Ituri, comprend Bunia, Mongbwalu, Nyankunde et Rwampara, qui représentent la grande majorité des cas confirmés et suspects en RDC (Nyankunde a été ajouté depuis le rapport précédent). Le second, au Nord-Kivu, comprend Beni, Butembo et Katwa. Pour chaque groupe, nous suivons une cohorte anonymisée d'abonnés présents dans les zones d'origine pendant 4 mai 2026–17 mai 2026, et mesurons leurs jours de présence moyens par membre de la cohorte dans chaque zone de santé sur la période de suivi (18 mai 2026–8 juin 2026), une métrique capturant à la fois le nombre de membres ayant atteint une zone et la durée de leur séjour.
Pour la cohorte de l'Ituri, les neuf premières zones réceptrices sont toutes de cette province : Lita, Nizi, Bambu,Tchomia, Kilo, Gety, Damas, Komanda et Drodro, avec Lita en tête (1.09 jours de présence par membre) ; la première zone hors de l'Ituri est Katwa (Nord-Kivu, rang 10), suivie de Butembo (15), Beni (17), Watsa (Haut-Uele, 18) et Makiso Kisangani (Tshopo, 22). Pour la cohorte du Nord-Kivu, les cinq premières sont toutes au Nord-Kivu : Musienene (1.64), Kalunguta, Oicha, Kyondo et Mabalako ; hors des deux provinces : Watsa (rang 15) et Makiso Kisangani (rang 17).
Les tendances de mobilité correspondent étroitement à la distribution observée des cas : pour la cohorte de l'Ituri, les dix premières zones ont chacune au moins un cas confirmé au 25 juin 20261,2,3, et 21 des 30 premières en ont (70 %); les cas confirmés sont nettement moins fréquents plus bas dans le classement, avec seulement 6 des zones classées de 31 à 60 touchées (20 %). Pour la cohorte du Nord-Kivu, 14 des 30 premières destinations ont des cas confirmés (47 %)1,2,3, dont les cinq premières.
L'exportation depuis le foyer du Nord-Kivu est considérablement plus incertaine que depuis le foyer de l'Ituri : les cas y restent peu nombreux, probablement sous-estimés1,2,3, si bien que l'exportation ne peut être fiablement estimée ; nous présentons donc ces flux comme analyse séparée et provisoire. L'extension spatiale récente suggère néanmoins une certaine exportation au-delà du foyer de l'Ituri. Les équipes de la riposte doivent interpréter ces données au regard du contexte local au Nord-Kivu, et non comme une mesure directe du risque ; la cohorte du NordKivu présente également une connectivité urbaine nettement plus forte : environ six fois l'exposition de la cohorte de l'Ituri à Goma (rang NK 22), cinq fois à Bukavu (rang NK 36) et près du double à Lubumbashi (rang NK 78), ce qui deviendrait particulièrement critique si ce foyer venait à s'amplifier.
Dans la planification de la surveillance, nous recommandons une attention particulière aux zones hautement classées mais sans cas confirmés. En cas d'exportation significative depuis le Nord-Kivu, plusieurs zones hautement classées pour le Nord-Kivu mais pas pour l'Ituri méritent attention : Mandima (rang Nord-Kivu 6, rang Ituri 24), Mutwanga (rang Nord-Kivu 8) et Lubero (rang Nord-Kivu 12), ainsi que Makiso Kisangani, exposée aux deux foyers mais sans cas confirmé à ce jour. Dix zones figurent parmi les 30 premières des deux cohortes, exposées à une pression d'importation potentiellement cumulée, non visible dans un seul classement
REMERCIEMENTS
Nous souhaitons remercier la Fondation Vodacom et Vodacom Congo (RDC) de nous avoir fourni des données CDR pseudonymisées, ce qui nous a permis de produire les estimations présentées dans ce rapport sur l'épidémie d'Ebola Bundibugyo en RDC en 2026.
Ce travail a été financé par la Fondation Roi Baudouin et la Fondation William et Flora Hewlett. Le programme de travail sousjacent en RDC a été établi grâce au financement de la Fondation William et Flora Hewlett, du Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) du Royaume-Uni et de Gavi, l'Alliance du Vaccin.
PARTENARIAT ENTRE VODACOM CONGO ET FLOWMINDER
Depuis 2018, Vodacom Congo (RDC) et la Fondation Flowminder collaborent pour mettre des données de téléphonie mobile anonymisées au service du développement et de l'action humanitaire en République démocratique du Congo. Ce partenariat combine les métadonnées de téléphonie mobile (données CDR) fournies par Vodacom Congo avec l'expertise analytique de Flowminder en matière de big data, dans le strict respect de la vie privée des abonnés. Ensemble, les deux organisations ont produit des indicateurs de mobilité pour soutenir la réponse gouvernementale à la COVID-19,
estimer les déplacements de population consécutifs à l'éruption du mont Nyiragongo en 2021, et renforcer la planification de la vaccination de routine dans le cadre du Programme élargi de vaccination (PEV). Cette collaboration illustre comment le secteur privé congolais, les autorités sanitaires nationales et les partenaires techniques peuvent conjuguer leurs forces pour produire des analyses opportunes fondées sur les données au bénéfice de la population de la RDC. Les analyses sont effectuées sur des données de téléphonie mobile pseudonymisées. Aucune donnée individuelle ne quitte les locaux sécurisés de Vodacom.