Flowminder, en partenariat avec Vodacom Congo (RDC), a publié de nouvelles données sur la mobilité de la population, dérivées de métadonnées pseudonymisées de téléphonie mobile, qui révèlent comment la mobilité interne remodèle la répartition de la population en République démocratique du Congo (RDC).
Couvrant chaque mois de mars 2020 à décembre 2025, ces estimations fournissent une image sans précédent de la manière dont les opportunités économiques, les migrations saisonnières et les déplacements liés aux conflits transforment le paysage démographique du pays.

Une augmentation de la population probablement liée à l'activité minière dans le sud de la RDC
Dans la province du Haut-Katanga, où l'activité minière est intense, ainsi que dans la zone de santé de Manika, dans la province de Lualaba, où se trouve Kolwezi, l'un des plus grands centres miniers du pays, les nouvelles estimations indiquent une croissance démographique substantielle par rapport aux projections démographiques officielles.
Ces estimations dépassent les projections officielles qui tablent sur un taux de croissance annuel moyen de 3,3 %. Rien qu'entre décembre 2024 et décembre 2025, les estimations suggèrent une croissance démographique de +3,9 % dans le Haut-Katanga (soit 258 600 personnes supplémentaires, dont environ 40 500 sont uniquement attribuables à la mobilité interne) et de +6,7 % dans la zone de santé de Manika (soit 47 600 personnes supplémentaires, dont environ 23 000 sont dues à la mobilité interne), en particulier en raison d'arrivées importantes entre février et septembre 2025. Une grande partie de cette croissance reflète les flux entrants de population en provenance des provinces voisines.
Ces mouvements de population sont probablement liés à l'activité minière dans ces provinces. Cette dynamique a des implications importantes pour la planification et la prestation de services dans les zones en forte croissance, en particulier dans le domaine de la vaccination, où de nombreux enfants zéro dose ou sous-vaccinés vont devoir désormais être récupérés par les zones de santé accueillant ces populations.
— Apphia Yuma, Responsable RDC chez Flowminder
Les déplacements restent élevés dans l'est de la RDC en raison des conflits en cours
Alors que la population augmente dans les régions économiquement dynamiques du sud, les estimations montrent une baisse continue de la population dans les zones touchées par les conflits dans l'est du pays. L'insécurité persistante dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l'Ituri continue d'entraîner des niveaux élevés de déplacements, et il convient de noter que très souvent, les déplacements de cette nature se produisent à une échelle très locale, au sein des provinces et des zones de santé.
Entre décembre 2024 et décembre 2025, les populations estimées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu sont restées inférieures d'environ 30 600 et 5 600 personnes aux projections qui ne tiennent pas compte de la mobilité, tandis que l'Ituri a connu une augmentation de 14 700 personnes, provenant majoritairement des provinces voisines. Plus récemment, Bunia, dans l'Ituri, a vu l'arrivée d'un grand nombre de personnes en août et septembre 2025 (+13 500 sur les deux mois), tandis qu'en décembre 2025, des départs importants (environ 12 300 personnes) ont été observés depuis Uvira, principalement vers les zones voisines, notamment Fizi, Ruzizi et Nundu.

Un ensemble unique de données démographiques à l'échelle de la RDC, tenant compte de la mobilité interne et couvrant les tendances mensuelles de mars 2020 à décembre 2025
Cette publication représente l’unique ensemble de données démographiques à l'échelle de la RDC tenant systématiquement compte de la mobilité interne, couvrant les tendances sur une base mensuelle de mars 2020 à décembre 2025, pour les zones de santé disposant d'une couverture de données suffisante.
Les données mettent en évidence la nature très dynamique des mouvements de population à travers le pays, avec une mobilité plus élevée pendant la longue saison sèche (juillet-septembre), où l'on enregistre 400 000 à 600 000 personnes de plus se déplaçant à travers le pays que pendant les autres périodes de l'année.
Les estimations reflètent également l'impact de la pandémie de COVID-19, notamment une baisse marquée (environ 20 %) des mouvements de population pendant la longue saison sèche de 2020 par rapport aux années suivantes.
Ces estimations produites par Flowminder sont tirées des métadonnées anonymisées et agrégées de l'opérateur mobile Vodacom afin d'évaluer les mouvements de population à travers le pays au fil du temps.
Des déplacements forcés liés aux conflits dans l'est du Congo aux changements économiques et aux migrations saisonnières, cet ensemble de données fournit une base factuelle unique pour comprendre comment la mobilité remodèle la répartition de la population.
Ces informations peuvent aider à la prise de décision dans de nombreux secteurs, notamment les interventions humanitaires et la préparation aux risques liés aux conflits ou au climat, ainsi que la planification de la santé publique, comme les stratégies de vaccination et la prestation de services.
Les rapports sont désormais disponibles sur le site web de Flowminder ici. Un webinaire en direct sera organisé mi-mars pour présenter les données couvrant la période jusqu'au 28 février 2025.
